© La Coureuse Laurence A Lavigne  

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Le doute, 27 juillet, entrée 1 

Le doute est bien là. L’ultra arrive à pas de course. Le temps file trop vite!.

 

Je l’avoue. J’ai la chienne.

 

Laissez-moi vous en parler un peu.

 

J’ai évidemment des doutes envers moi et la distance choisie. J’ai quand même décidé de compléter un ultra-marathon de 65 kilomètres. C’est beaucoup de kilomètres ça.

J’aimerais d’abord vous mettre en contexte.

 

L’an passé, en septembre 2016, j’avais capoté ben raide après ma course de 28K Harricana. Ce fut la plus belle course de toute ma vie pour plus de détail sur cette fabuleuse course c’est ici!.

 

Je m’étais vraiment bien entraînée et préparée. J’avais aussi de la bonne compagnie lors de la course. De plus, j’avais quand même deux marathons sur route derrière la cravate.

 

Je m’étais alors juré de revenir en 2017. Pinkie swear, I’ll be back.

 

Je caressais le rêve d’un ultra marathon depuis longtemps. Bien pas si longtemps…un genre de 2 ans.

 

Je lisais tous ces blogues de filles qui couraient des Ultras et je me voyais là aussi. Je me voyais trotter dans les sentiers de nos belles montagnes québécoises. Je me visualisais là aussi!

 

Je me revoyais dans l’bois presque comme dans le temps.

Ben oui… dans l’temps où j’avais 20 ans et que je flirtais avec la forêt boréale.

 

La Tuque 1996

 

‘’Tu es si douce au toucher… Avec mes deux pieds armés de mes bottes à cap dans cette mousse humide, je marche alors sur un nuage de verdure. Tu sens si bon. Tes effluves de bois, de terre et cette odeur sucrée de tes plantes de bord de lac me font craquer. Je t’aime tellement.

 

Forêt québécoise, tu es aussi très chiante. Tu m’as fait pleurer. Tes mouches sans merci et pitié m’ont marqué la peau. Ton vent glacial de février m’a gelé les joues et le derrière. Pis tes montagnes m’ont fait baver. Ta façon de me prendre les jambes et chevilles dans tes arbres morts aux branches tranchantes me rappelle que tu es aussi cruelle.''

 

Je me souviens même d’un collègue qui s’était d’ailleurs percé la rate en essayant de sauter entre deux branches mortes d’un vieux sapin baumier tout sec étendu sur ton sol fleuri de quatre-temps...

 

La forêt est ce qu’elle est. Elle est Dieu.

 

Elle est la vie.

Aujourd’hui, je vis la forêt uniquement pour le plaisir! Je ne travaille plus dans le bois et c’est un choix personnel. Aussi, je cours simplement dans les sentiers pour le fun. Les sentiers balisés sont bien loin du bois où les trails sont inexistantes.

 

Les sentiers c’est le meilleur des deux mondes. C’est être dans la forêt sans être obligée de travailler et marcher dans le ‘’bois sale.’’

 

Pis là, malgré ma passion brûlante d’être dans l’bois, je suis dans le doute.

 

Je ne suis pas certaine de réussir à franchir cette distance qui pourrait s’éterniser durant 12 longues heures de bois en continu.

 

Je ne veux plus pleurer dans une course (lire mon marathon des Érables ici!).

 

Il est bien sûr impossible de se mesurer à Dieu.

 

Il est toutefois possible de se mesurer…à soi même!

 

Mon esprit, mon mental devront être mieux préparés pour que je réalise mon objectif.

 

La distance, la forêt et la coureuse. Un trio amoureux passionné… où j’ai peur d’en ressortir blessée.

 

Je commence donc le compte à rebours Harricana.