© La Coureuse Laurence A Lavigne  

Copyright 2017

 

  • Facebook
  • Twitter
  • Pinterest
  • Instagram

Lettre d'amour à la course à pied

Chère course à pied,

 

Je te souhaite une bonne St-Valentin!

 

Je veux d’abord te remercier d’être là pour moi et même si moi je ne suis pas toujours là pour toi.

 

Le jour que je t’ai rencontré, j’avais 25 ans. 

 

Je me souviens de mes premiers Asics mauves. Je les aimais beaucoup. 

 

Je me souviens aussi de ma première sortie où j’avais monté la côte derrière la maison. J’étais essoufflée, mais je savais que je m’y ferais. Je le sentais. Tu m’avais déjà conquise. 

 

Les journées passèrent et tranquillement j’arrivai à courir un 2 kilomètres en continu.  

 

Je me demandais comment les marathoniens arrivaient à finir leur course encore vivants et souriants!

 

J’ai donc couru mon premier 10 kilomètres en 58 minutes et j’ai terminé la dernière. J’étais tellement déçue.

 

Je me suis fâchée contre moi. Je me suis fâchée contre toi.

 

À l’époque, les évènements de course n’étaient pas si courus. Tu n’étais pas super populaire auprès des autres. Je t’avais pour moi toute seule.

 

J’ai décidé un moment donné de faire un demi-marathon. Facile. Ben pas si facile. Mais, j’ai réussi.

 

Je rêvais secrètement d’un marathon. Je voulais être une marathonienne. Mais, parfois, tu me rappelais à l’ordre. Tu m’infligeais du mal parce que je flirtais dangereusement avec toi. 

 

Je ne te respectais pas toujours. Je chaussais mes souliers et avec mes grandes enjambées, je pensais que je te dompterais. Je pensais que je te dominerais.

 

Bah. Non. Tu m’as vaincu. Tu m’as battu plusieurs fois.

 

En fait, j’ai eu la chimie parfaite avec toi quand j’ai décidé que je me respecterais d’abord.

 

Je me respecte. Tu me respectes.

 

Je m’écoute, tu me donnes la lune.

 

Je suis docile avec toi et tu me propulses haut. 

 

Je deviens alors une marathonienne. 

 

42.2 kilomètres avec toi sans arrêter. Je t’aime tellement.

 

Je me dis alors, la tête débordante d’endorphines, je veux faire un autre marathon. Vite, je veux en faire un autre! Je te veux encore plus!

 

Je t’ai cruisé un peu trop sur les bords. 

 

J’ai niaisé dans mes grandes courses préparatoires, la maladie est venue me rappeler que de sortir avec toi peut être dangereux.

 

J’ai couru un deuxième marathon. Je n’avais pas bien préparé cet évènement spécial. Je le savais que tu allais encore une fois me briser le coeur.

 

J’ai pleuré. J’ai fini en 5:15 heures avec un genou douloureux.Tu m’as cruellement poussé dans le dos jusqu’à la fin.

 

Je ne pouvais pas me sortir de tes griffes...j'ai couru dans la douleur.

Quelques semaines plus tard, j'ai décidé de te rencontrer ailleurs pour me guérir mes blessures.

 

Je t’avais donné rendez-vous dans la forêt derrière la maison. Tu es venue, plus belle que jamais.

 

Je ne pouvais plus me passer de toi dans la forêt. J’avais toujours envie d’aller plus loin. 

 

Toutefois, la forêt c’est ma meilleure amie depuis plus de 20 ans. Elle sait comment me prendre et me bercer.

 

Je me respecte lorsque je foule son sol ou sautille par-dessus ses racines. Je suis une avec elle. Je connais ses arbres et ses fleurs par coeur.

 

Laurence