© La Coureuse Laurence A Lavigne  

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Performance VS Rythme du bonheur 

Courir au rythme du bonheur est plus que parfait. Peu de douleur et l’effort est quand même présent. Je dirais que c’est l’idéal jusqu’à ce que l’idée de performance vienne perturber la zénitude de la course du bonheur.

 

Je l’avoue, je suis une adepte de la course au pace du bonheur. Toutefois, j’ai parfois l’impression que je ne me dépasse pas… assez. Je voudrais performer.

Je dépense mon énergie, mais je ne dépasse pas mes limites.

 

Je m’explique.

 

Au rythme du bonheur, j’ai couru 2 marathons et plusieurs demi-marathons.

 

Mais un jour, une course a tout changé.

 

La course lors de ma fête l’an passé. Je voulais ‘’rentrer’’ un demi-marathon en moins de deux heures.

 

Je n’ai pas réussi.

 

J’ai réalisé que mon entraînement n’était pas assez structuré et que mon rythme du bonheur était un 6 minutes 30 secondes du kilomètre. Un peu trop lent pour un demi en bas de 2 heures.

 

Mon corps se fond dans cette cadence. Mon corps n’a pas mal. Mon corps est bien. Mon corps me remercie de ce moment de douceur. Ce moment où j’embrasse la course doucement. 

 

Par contre mon esprit tordu, lui en a marre. Il s’emmerde. Il veut du nouveau. Il veut plus. Il veut dépasser les limites de ce corps engourdi dans ce pace idéal.

Une bataille entre la tête et le corps.

 

J’ai commencé l’été passé à pousser sérieusement mes limites. J’ai découvert la trail où pousser la machine était naturel et que mon pace du bonheur dans l’bois a rencontré la performance.

 

Dans l’bois, je deviens sauvage. Mon cerveau fait un avec mon corps qui évite les embûches et obstacles. Mon degré de concentration est si élevé que je suis une entité entière. Je ne pense à rien. Je pense à ne pas me péter la gueule tout simplement. C’est ben en masse!

 

Lors de ma course Harricana, j’ai dépassé mon objectif et j’en ai dépassé du monde. Dans l’bois, je suis une crinquée, un peu débile qui crie aux autres en face de moi: ‘’À gauche, tassez-vous!’’

Présentement avec le printemps qui arrive et la tentation des courses sur route, je recommence à rêver d’un temps X. Je travaille pour ce temps X. Mon corps est à nouveau séparé de mon esprit. Sur l’asphalte on est deux à courir. Ma tête en avant et mon corps derrière.

 

Mon corps n’aime pas tant que ça les intervalles et un rythme de 5:15 du kilomètre. La bandelette revient, j’ai un peu mal et je révise mon plan d’entraînement.

 

Ne me tirez pas de roche, mais le rythme du bonheur à long terme me mène vers un engourdissement global de la coureuse en moi.

 

Dans la vie, je suis une fille qui aime les défis et qui aime vivre. J’aime les sensations fortes. J’aime mon travail de prof où au quotidien je deal avec des ados de 15 ans qui à chaque minute me rappellent que la vie, c’est si beau pis si intense.

 

Finalement, je crois que pour moi, le pace du bonheur varie au quotidien parce qu’il doit aussi respecter ma demande intellectuelle… et la progression du rythme idéal est une chose difficile.

Note: une page Facebook est dédiée entièrement à la philosophie du Rythme du bonheur: Le pace du bonheur !

Je suis arrivée deuxième dans un trail en Pennsylvanie!