© La Coureuse Laurence A Lavigne  

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Le marathon des Érables

 

Après plusieurs mois d’entrainement, c’est enfin le jour J.

 

The marathon.

 

Premièrement, je vous confie que j’avais un vilain rhume qui m’attaquait sournoisement depuis quelques jours. Je n’étais vraiment pas en forme la journée du marathon. Je toussais, mouchais et j’avais mal à la tête.

 

Tout ça en plus des semaines d’entrainement qui avaient été sérieusement perturbées par l’influenza au mois de mars. Cet hiver, à un certain moment, je ne pouvais même pas imaginer finir cette épreuve de course à pied tellement que j’étais maganée.

 

Toutefois ce matin là, j’avais espoir. Je voulais tellement le faire ce maudit marathon.

 

La coureuse, elle, était vraiment prête.

 

La coureuse, elle, n’avait mal nul part.

 

Pourquoi abandonner? Mes genoux, mollets, pieds et fesses étaient prêts pour 42.2 kilomètres. Pas un bobo de coureuse, pas un taping rien! C’était un signe. Il fallait que je coure ce marathon.

 

The show must go on.

 

Sur la ligne de départ, je regarde mon chum qui lui est à vélo. Il me souhaite bonne chance avec un beau sourire. Cependant, son regard en dit long. Il est inquiet. Il veut tellement que je finisse mais, il sait très bien que ça sera difficile.

 

Je pars derrière tout le monde (nous étions 150 marathoniens) car, je ne veux pas me mettre de pression. Je veux y aller à mon rythme. Nice and slow.

 

Je me dis alors que au pire, ça me prendra 5 heures et voir 6 pour terminer cette course.

 

Tout va relativement bien quand même pour la première moitié (2 heures 15 minutes) et ce jusqu’au kilomètre 24.

 

Plusieurs petits irritants commencèrent alors à se faire sentir.

 

Premièrement, la soif et la toux et ensuite mes maudites M mensuelles (les filles on se comprend). Ben oui, j’avais tout contre moi. J’avais mal au ventre à chaque fois que je toussais (parce que je toussais en cibole). Je n’avais plus d’eau; j’avais la gorge en feu et les lèvres desséchées. Je tiens à spécifier que les deux dernières stations de ravitaillement étaient à sec. J’avais juste envie de pleurer. En plus, ma playlist était fuckée pis je n’arrivais pas à régler le problème.

 

Je signalai alors mon chum qui était à vélo dans les environs.

 

Rapidement, il est venu à la rescousse. Il m’apporta de l’aide et du réconfort. Il m’a alors accompagné pendant plusieurs kilomètres. Il me parlait de sa job, de la température, de gens cons, de jokes plates, de son char laite et de différents sujets autre que la course à pied. Très divertissant et voir même très drôle.

 

J’ai donc couru 5-7 kilomètres à l’écouter et je me sentis mieux. Vraiment. Ma cadence était néanmoins très lente (un 7 minutes 20 secondes du kilo). Mais, cette cadence m’a permise de me reposer et de retrouver la certitude que je pouvais terminer cette course.

 

Rendue autour du kilomètre 31, je commençais à être fébrile. J’avais bien géré mon énergie malgré la situation initiale. J’avais grignoté mes Fruit2 et Fruit3 au bon moment.

 

Je repris une cadence plus rapide (6 minutes 20 secondes du kilomètre) et je filai ainsi comme ça jusqu’au kilomètre 39.

 

Une montée finale bouclait ce circuit de marathon sur les deux derniers kilomètres et je ressenti alors une fatigue extrême trop intense. Le genre de fatigue où on s’écroule et que tout s’écroule autour de nous.

 

Tellement, que mes jambes ne voulaient plus avancer. Mes jambes étaient bloquées! Le vrai mur du marathonien était là. Je ne savais pas comment le franchir ou le gravir. Je n’avais plus de munition pour le faire exploser non plus. J’ai alors lâché un petit cri de torpeur : « Hiiiii! Ouille! Colisssssssse! ».

 

 «Madame ça va? Madame êtes-vous correcte? » s’exclama une passante.

« Non, non rien ne va, je ne suis pas rendue! J’ai mal! » dis-je.

 

« Shit je ne suis pas arrivée! Je ne peux plus bouger! Ce n’est pas vrai, non, non! Avance estie! »

 

La madame ne sait pas quoi dire ou faire; elle poursuit son chemin avec sa belle médaille accrochée à son cou.

 

À ce même moment, mon conjoint est venu me rejoindre avec son vélo. Il était parti nourrir les 3 derniers marathoniens derrière moi. Ils étaient affamés et n’avaient pas prévu des points de ravitaillement sans gel énergétique. Guillaume partageait ses abricots séchés avec eux.

 

Cet homme est tellement empathique.

 

Je l’aime tant.

 

Donc, pour en revenir à mon mur invisible, à ma grande surprise, je continuais à courir comme une dinde fuyant l’abattoir et ce malgré le fait que mes jambes ne semblaient plus vouloir courir. Mais tsé ça courait pareil! Ayoye. Je suis tellement surprise! C’est paradoxal.

 

« J’avance encore! Comment je fais ça? »

 

Mon chum me répond : « Parce que t’es rendue, t’es capable, regarde là-bas c’est la fin. »

 

J’ajouterais que de courir avec mon chum à mes côtés me donnait énormément d’énergie. Le pouvoir du support moral c’est big.

 

Je sentais la fin, je pleurais et je riais en même temps. J’avais l’impression que je venais de traverser le désert, l’Atlantique ou quelque chose du genre. J’en ferais un film Hollywoodien à grand déploiement. Tsé la fille à la fin du film qui court au slow-mo avec ses fesses de fer pis sa face de poupée en sueur avec une larme dégringolant sur sa joue rougie par l’effort, pis la genre de musique qui te fait pleurer ta vie… pis tout le kit.

 

En arrivant à la ligne d’arrivée, des inconnus m’encourageaient et ils décidèrent de courir avec moi pour terminer le tout en beauté. J’étais émue d’un tel geste mais, j’accélérai le pas parce que je ne voulais pas de ces gens dans ma bulle. Je voulais être avec mon chum à mes côtés, lui et moi.

 

Je suis rapide et déterminée. Mon chum trouve ça bien drôle de me voir sprinter les 5 derniers mètres.

 

Je franchis enfin (il était temps) la ligne d’arrivée et je capote.

 

J’ai réussi. J’en ai bavé mais, je suis encore là! Mes jambes sont toutes là!

 

Je suis une vraie de vraie marathonienne.

 

Mon chip time lui?

 

 

I don’t care.

 

Un jour je réussirai bien à travailler mon temps pour qu’à 85 ans, j’obtienne mon passeport pour Boston!

 

Cheers!

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