© La Coureuse Laurence A Lavigne  

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Taper ouT'as peur!

Ah les Taper weeks...

 

Je pense que c’est cette partie de l’entraînement de marathon (ou demi) que je déteste le plus. Les semaines de dégression me tuent.

 

Laissez-moi vous expliquer le tout.

 

D’abord, l’entraînement d’un marathon est assez extrême et il apporte son lot de sentiments intenses. Le doute, la peur et la fierté demeurent des sentiments qui décrivent cette phase d’entraînement surprenante. En plus de ces sentiments intenses, notre corps est mis à rude épreuve. On peut perdre des ongles d’orteil, on éprouve quelques problèmes digestifs et autres petits problèmes de pieds, de genoux, de fesses et alouette.

 

Personnellement, je vois cet entraînement comme un défi personnel à réaliser et je peux vous dire que je suis fière de moi à chaque foulée. Je suis fière parce qu’autour de moi, peu de gens réalisent ce genre d’exploit.

 

Je fais des marathons tsé. Ben oui, je cours longtemps en cibole.

 

J’ai aussi un petit velours au cœur quand les gens me disent : ‘’Hein un marathon! Je ne suis même pas capable de courir 2 minutes, t’es bonne.’’ Je me dis alors dans ma tête : ‘’Bien je suis bonne certain, je me botte le derrière en cibonak pour en arriver là.’’

 

Donc, pour en revenir aux taper weeks, ce sont en fait des semaines où les coureurs de fond ‘’régressent’’. Il est temps de se reposer, d’engraisser (!!!) et de s’hydrater. Un clash de malade entre deux extrêmes : l’entraînement de marathon qui consiste à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres par jour (!!!) à régresser à courir quelques kilomètres ici et là dans les semaines de dégression. Beurk. Ça pue.

 

L’épuisement et les blues de la coureuse cognent alors à ma porte. Les endorphines ne sont plus autant au rendez-vous. J’ai l’impression de ne pas être si active et ça me donne envie de pleurer. Mon système immunitaire veut me lâcher et mon sommeil est perturbé. Je me sens comme d’la chnoute. Je me sens grosse, laite et méchante.

 

Par contre, j’ai aussi très hâte au fameux jour J!  Je veux boucler la boucle, fermer le dossier et passer au prochain défi!

 

Néanmoins, j’appréhende aussi le jour J parce que j’ai la chienne. J’ai peur d’avoir mal, j’ai peur de ne plus me sentir les jambes au kilomètre 30. J’ai peur de foncer dans le mur du marathonien et de me casser la gueule.

 

Je suis maintenant dans un tourbillon émotionnel perpétuel qui remue mes pensées et mon cœur. Je me sens toute à l’envers.

 

Mais la vie continue.

 

Je dois aller au boulot, m’occuper des enfants, faire les lunches et le souper, conduire ma voiture et manger des spaghettis (avec mon verre de vin).

 

Je dois aussi aller courir doucement juste pour maintenir cette forme physique.

 

Je tente aussi d’accepter celle que je suis devenue après cet entraînement. Parce que j’ai changé. J’ai grandi. Mon corps et mon esprit ont changé.

 

Est-ce que je suis prête?

 

Je dis oui!

 

Bye là (et le ridicule ne tue pas, je mets le selfie qui représente comment je me sens).

Note: ce billet fut rédigé en 2016 avant le marathon des Érables.